Charles Pépin, philosophe
Analyse du livre du philosophe Charles Pépin :
« Un homme libre peut-il croire en Dieu ? »
Résumé de la première partie du livre
Ce livre se compose de deux parties distinctes :
– Dans la première l’auteur analyse le lien entre liberté et foi,
– Dans la deuxième il interroge trois philosophes sur cette question en montrant que lui, Charles Pépin, se revendique de cette lignée, Kant, Sartre et Vattimo.
Cette première partie est composée de trois chapitres
– 1. La liberté de croire en Dieu
– 2. L’athéisme comme condition de la liberté totale
– 3. La liberté inventée avec la foi
Chaque chapitre est composée de petits sous-chapitres de deux à trois pages en moyenne. Je vais tenter de résumer brièvement la première partie du livre
Un homme libre peut-il croire en Dieu ? Introduction.
L’introduction est assez touffue et il est difficile de voir où l’auteur veut nous emmener. Pourtant à la p. 12 l’auteur résume la question sous forme d’alternative : Un homme libre peut-il croire en Dieu – qu’il précise, a-t-il la possibilité de croire en Dieu ?
ou Est-il possible de rester libre en croyant en Dieu ?
Entrons dans la première partie : Chapitre 1 : La liberté de croire en Dieu
Les deux premiers concepts que Pépin oppose : savoir et croyance.
En s’appuyant sur la philosophie de Kant, l’auteur distingue ce qui est de l’ordre du savoir et de l’ordre de la croyance. Croire en Dieu est une croyance, cela ne fait pas partie du champ du savoir. L’objet de la croyance est hypothétique.
En revanche croire en quelque chose de certain, croire en Dieu d’une foi absolue n’est plus de l’ordre de la croyance. Si je suis persuadée de l’existence de Dieu, je quitte en quelque sorte le domaine de la croyance je suis dans l’ordre du savoir. (ce qui permet d’entrevoir l’importance du doute que Pépin analysera plus loin)
En suivant Kant, l’auteur plaide pour laisser un espace à la croyance. élargir le champ de la croyance. Dieu ne fait pas partie du savoir. Laisser un espace à la croyance, ou limiter le champ du savoir, a été très mal reçu au siècle des lumières, où la raison est toute-puissante et la croyance un obscurantisme. A cette époque l’homme libre ne doit pas croire mais savoir seulement.
Mais, dit Pépin, la croyance régule le savoir, et rend l’homme plus libre.
En suivant Kant on peut dire que la foi n’est pas rejetée, mais qu’elle se résume à une loi morale. Liberté et croyance en Dieu s’articulent autour de cette Loi morale, une loi qui conduit à faire le bien. On est là bien loin d’une foi personnelle et engagée.
Nous arrivons au 2ème chapitre : L’athéisme comme condition de la liberté totale.
Croire en Dieu c’est croire en un quelque chose dont la réalité est hypothétique. Il est possible d’y croire ou non. Nous sommes libres d’y croire ou non.
Un homme libre est l’homme qui a le plus large choix des possibles. L’athéisme devient donc la condition de la liberté totale. Mais une fois qu’il croit, l’homme restreint les possibles. Comment un chrétien peut-il être libre s’il doit sa liberté à un autre ?
Avant d’entrer plus à fond dans l’existentialisme, Charles Pépin fait un petit détour par Pascal, qui, d’une part, veut prouver de manière rationnelle l’existence de Dieu et, d’autre part , dit « Dieu s’éprouve, il ne se prouve pas ». Il est « une vérité du cœur, non de raison »
Puis l’auteur fait ensuite appel à l’existentialisme. La liberté des hommes devient alors cette liberté totale de décider du sens de son existence, Pépin fait appel à la notion sartrienne « ne pas être », caractérisant l’être humain et qui lui permet de s’inventer, ou d’inventer le sens de sa vie. C’est à ce « ne pas être » que tient notre liberté. Liberté totale revendiquée par l’existentialisme.
Mais cette liberté totale n’existe pas, Sartre lui-même le reconnaît. Pour exister on dépend du regard des autres. Si l’on regarde du côté de chez Marx, on dépend d’un sens de l’histoire, qui préexiste.
Chapitre 3 : La liberté fut inventée avec la foi
L’auteur arrive à l’affirmation que la liberté est une invention chrétienne. Certes les Romains ou les Grecs croyaient aux Dieux de l’Olympe, mais c’était une croyance de groupe et non une foi personnelle.
Pour l’auteur liberté et foi vont de pair. La conscience individuelle apparaît en même temps. Charles Pépin a recours à Paul pour dire : moi, sujet humain « Je » peut croire en Dieu ou ne pas croire en Dieu. Le « Je » apparaît. Et en même temps que la liberté apparaît la foi. Foi et liberté. J’ai la liberté de croire ou de ne pas croire. La foi apparaît alors comme une décision et non comme un choix.
Puis l’auteur introduit la notion du doute. Je ne suis sûr de rien, je peux continuer à douter. Ce qui menace ma liberté c’est l’absence de doute. Si j’affirme l’existence de Dieu de manière péremptoire, c’est je suis dans l’ordre du savoir. Ma liberté est alors menacée. Douter ouvre un espace de liberté.
Conclusion : un homme libre peut croire en Dieu.
Irène.Kernen / 18 novembre 2025
La deuxième partie du livre nous permet d’entrer plus avant dans cette problématique



